Au fil des jours...



Billet d’Anne n°6 - « Espérer contre toute espérance »

                Décidément, la vie au Carmel réserve bien des surprises. Je viens d’y vivre une journée tout à fait extraordinaire : toute la communauté, à l’exception de deux Soeurs âgées, est sortie du monastère, munie de l’indispensable autorisation de l’Évêque. C’est un évènement très rare puisque une vie de religieuse contemplative consiste, par définition, à rester à l’intérieur de ce que l’on appelle la clôture. 
                Bien sûr, il arrive que l’une ou l’autre Soeur sorte de la clôture, jamais seule, pour des rendez-vous médicaux notamment. Mais cela reste très anecdotique. 

                Alors qu’est-ce qui a bien pu motiver le déplacement de toute la communauté ?
Une amitié fraternelle et le souhait d’un geste jubilaire : passer la Porte de la Miséricorde. 

                Cette amitié fraternelle relie la communauté avec celle des Dominicaines de Béthanie, contemplatives elles-aussi, implantées à Montferrand-Le-Château près de Besançon. Certaines d’entre elles sont venues faire une retraite à Saint-Maur et c’est ainsi qu’est née une fraternelle proximité entre les Carmélites et les Dominicaines. 
                La chapelle de leur monastère ayant été désignée Église de la Miséricorde par leur Évêque pour le diocèse de Besançon, les Dominicaines ont tout naturellement invité les Carmélites à venir franchir la Porte Sainte de la Miséricorde.


                Voilà comment nous sommes parties, en convoi de 5 voitures, rendu possible grâce à la gentillesse et la disponibilité de chauffeurs, amis du Carmel, dont notre aumônier, le Père Maurice Boisson. 
                Nous avons participé à l’Eucharistie dans la chapelle des Dominicaines avant de partager un déjeuner joyeux avec elles. Après que chacune se soit présentée, nous avons échangé sur l’histoire de nos communautés.
                Les Dominicaines de Béthanie sont nées de l’inspiration du Père Lataste, dominicain du XIXème siècle, appelé à prêcher dans une prison de femmes. Il a été boulversé par la misère de ces femmes, rejetées et bafouées par la société de l’époque.  Comparant leur vie à celle de religieuses cloîtrées (le silence, la vie communautaire, la pauvreté), la différence essentielle reposant sur la liberté du choix de cette vie, il leur a redonné l’espérance en leur parlant de la Miséricorde infinie de Dieu : « Quand Jésus donne aux âmes, il ne regarde pas ce qu’elles furent mais ce qu’elles sont. » Il les aida à se remettre debout en regardant le Christ, leur donnant Marie-Madeleine en exemple, elle « qui a été tant pardonnée parce qu’elle a beaucoup aimé ». Il eut à coeur d’aller plus loin et se battant contre toutes les oppositions et les a priori de son époque, il fonda les Dominicaines de Béthanie où l’on ne se souciait pas de l’histoire des femmes qui souhaitaient y entrer,  mais seulement de leur coeur et de leur désir de s’unir à Dieu, faisant ainsi vivre ensemble « des réhabilitées » et des jeunes femmes de tous horizons. 
                Le Père Lataste, décédé tout juste deux ans après la fondation, n’a jamais cessé, jusqu’à ce jour, de recevoir par courrier des intentions de prières. Ces lettres sont déposées par les Soeurs sur sa tombe. 

                Aujourd’hui, la congrégation peine à survivre au manque de vocations mais des germes éclosent dans divers endroits du globe, comme dans cette prison d’hommes de Norfolk aux États-Unis, où des prisonniers et des personnes du « dehors » ont fondé une association laïque dominicaine qui vit du charisme du Père Lataste et se réunit pour prier ensemble au coeur de la prison. Les Soeurs de Montferrand reçoivent régulièrement des demandes pour fonder de nouvelles communautés monastiques. Leur nombre insuffisant ne le leur permet pas mais elles proposent un accompagnement à celles qui souhaiteraient se lancer ainsi dans une fondation.
               
                Après avoir écouté l’histoire de ce Bienheureux (béatifié en juin 2012) et dont le procès de canonisation est en cours d’instruction, nous nous sommes dirigées vers la Porte Sainte, très joliment décorée par des fleurs en papier, réalisées au coupe-ongles par les prisonniers de Norfolk. Nous nous sommes ensuite recueillies sur la tombe du Père Lataste avant de prier dans une grotte, aménagée dans le parc du monastère, abritant une très belle statue de Marie-Madeleine. Nous avons terminé notre pèlerinage par l’adoration du Saint-Sacrement.  

                C’est le coeur gonflé de cette Espérance que donne la Foi en Celui qui est Miséricorde que nous avons regagné Saint-Maur. Notre prière de complies était remplie de notre action de grâce pour ce beau pèlerinage. 


Billet d’Anne n°5 - « La Nuit Obscure »

                Jusque là, je savais de Saint Jean de la Croix qu’il était Saint, Docteur de l’Église et poète, qu’il était contemporain et ami spirituel de Sainte Thérèse d’Avila, qu’il l’aida et la soutint dans sa réforme du Carmel et ses fondations de monastères.
                La simple évocation de son nom renvoyait immanquablement mon imagination à des représentations  de la foi sinon effrayantes pour le moins peu attrayantes. Il était pour moi l’homme de « La nuit obscure », titre de l’un de ses ouvrages. Je l’imaginais un auteur triste et difficile, qui n’avait traité que de la nuit de la foi. Cette fameuse nuit, dont ont témoigné de grandes figures de l’Église, dont Sainte Mère Teresa de Calcutta souffrit pendant tant d’années. Alors, non merci, je n’avais nulle envie de lire cet auteur qui m’inquiétait. 
                Mais, c’était sans compter sur l’humour du Seigneur et l’efficacité de ses dignes servantes que sont les Soeurs du Carmel de Saint-Maur… Que n’avaient-elles pas imaginé de faire venir un Frère Carme de Trois-Rivières au Québec, le Frère Marie-Jean, pour nous parler … de Saint Jean de la Croix et de « La nuit obscure » !
                Me voici donc, (obéissance oblige !), à me confronter aux fantômes de la nuit… « La peur existe jusqu’à ce que survienne l’inévitable » dit Paulo Coelho, alors Yalla, allons-y, Fiat !

                Et j’ai, bien évidemment, découvert que mes a priori étaient totalement infondés.
                Le livre débute par le poème « Noche oscura». Si Jean de la Croix a écrit le livre qui l’accompagne, c’était en réponse à des carmélites de son temps qui (comme moi, ne comprenant pas tout) lui demandaient des explications sur ses vers. Le livre commente essentiellement les deux premières strophes du poème. Dans cet ouvrage, Jean de la Croix embrasse la totalité de la vie spirituelle, de nos premiers balbutiements de prière à notre vision en face-à-face de Dieu dans la béatitude de la vie éternelle.
                Je n’ai pas la prétention de commenter ce livre mais seulement de livrer ici quelques perles que j’ai recueillies de l’enseignement de Frère Marie-Jean.

                Tout d’abord, le Frère Marie-Jean nous a incité, à chaque fois que nous trouvons dans le texte le terme de « nuit obscure » ou « nuit » à le remplacer par le mot « Christ ».  En effet, ces notions de nuit, d’obscurité renvoient tout autant au caractère caché de Dieu, l’Indicible, celui que l’on ne peut voir, qu’à nos propres zones d’ombre. Lire ainsi le texte lui donne un tout autre éclairage. 
                Ensuite, il a beaucoup insisté sur l’union à Dieu : elle n’est pas réservée à quelques êtres dotés de grâces extraordinaires mais elle est donnée par la grâce du baptême. Tout baptisé est appelé à cette union à Dieu et sa vie doit tendre vers cette union. Le lieu privilégié, mais pas exclusif, de cette relation est la prière et l’oraison. Notre Mère Sainte Thérèse définit l’oraison comme « un commerce intime d’amitié avec Dieu ». Et l’on retrouve chez Jean de la Croix les inspirations spirituelles de la Madre. Il appelle à se défaire des scories de notre humanité (nos faiblesses, nos pauvretés…) pour faire grandir en nous notre part divine. Le Frère Marie-Jean a filé une métaphore qui m’a parlé : Lorsque l’on purge un radiateur, il s’agit non pas de vider les radiateurs pour ensuite les remplir d’eau mais de faire en sorte que l’eau chasse l’air. Dans l’être spirituel que nous sommes tous, nous devons laisser de plus en plus de place à Dieu qui va « chasser » nos pauvretés. Pour cela, il nous faut « mortifier » nos facultés et nos sens « sensibles », non pas pour les faire mourir mais pour les orienter vers l’intérieur de nous-même, pour les transformer en facultés « spirituelles ». Car comme Saint Augustin le dit à Dieu : « Toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même. »
                Au sujet de l’élévation, Saint Jean de la Croix fait référence à une échelle qui conduit à Dieu, lequel est appuyé sur le sommet de l’échelle et veille paternellement et amoureusement à nos progrès. « Tout homme qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 14,11). Saint Jean de la Croix nous explique combien le mouvement est continu et réversible : pour s’élever vers Dieu, il faut s’abaisser pour déposer nos pauvretés et avancer avec humilité et en s’élevant vers Dieu, en mobilisant nos facultés vers l’union à Dieu, nous nous abaissons pour abandonner nos « hommeries ».

Que l’Esprit Saint nous montre ce chemin d’union à Dieu dans l’abandon et l’humilité !

Anne, la regardante


Billet d’Anne n°4 - Ma journée au Carmel


              
  « Tu ne t’ennuies pas au Carmel ? Que fais-tu de tes journées ? » me demandait récemment une amie.
                La règle du Carmel, écrite par Saint Albert de Jérusalem au XIII ème siècle et toujours en vigueur aujourd’hui, dit : « Vous devez vous livrer à quelque travail, afin que le diable vous trouve toujours occupés (il s’adressait à l’origine aux ermites du Mont Carmel) et que votre oisiveté ne lui permette pas d’avoir accès à vos âmes. »
La tradition a conservé cette sagesse.
                Dès 6h, nous nous retrouvons à la chapelle pour une heure d’oraison silencieuse. À 7h, nous récitons l’Angélus, avant d’aller prendre un petit déjeuner. À 7h25, nous disons l’office de Laudes et l’Eucharistie suit à 8h. Nous avons beaucoup de chance car nous avons l’Eucharistie chaque jour, ce qui n’est, hélas, plus le cas dans un certain nombre de monastères, du fait du manque de prêtres.
                À la fin de la messe, nous prenons un temps d’action de grâce et je retrouve mes Soeurs du noviciat pour un temps de prière sous la houlette de Soeur Marie-Jovite, la maîtresse des novices. Elle nous conseille de prendre ensuite un temps pour nous jusqu’à 10h, temps de lecture, d’écriture.
                À 10h, je rejoins la bibliothèque où je suis chargée d’assister Isabelle, la postulante, pour enregistrer, classer, couvrir et ranger les nombreux livres qui nous sont donnés. La bibliothèque compte à ce jour environ 15 000 livres (quelques ouvrages de philosophie ou de littérature côtoient théologie, spiritualité, liturgie, vie des Saints…). 
                À 11h45, je dois interrompre mon ouvrage pour me rendre à la chapelle où, à midi, nous récitons l’Angélus avant de prier l’office du milieu du jour. 
                Au réfectoire, avant de dîner (c’est ainsi qu’on appelle le déjeuner dans le Jura), nous disons un Benedicite, et nous écoutons un paragraphe des Constitutions qui régissent l’ordre du Carmel. Données par Notre-Mère Sainte Thérèse (Sainte Thérèse d’Avila), elles ont été « révisées» en 1991.
                Pendant le repas, une Soeur lit pour la communauté généralement un livre ou un enseignement spirituel. Dernièrement, nous écoutions un livre sur la vie et le charisme d’Élisabeth de la Trinité, Carmélites de Dijon du début du siècle dernier, canonisée dimanche dernier par le Pape François. 
                Après le repas préparé par les Soeurs cuisinières, trois d’entre nous font la vaisselle avant un temps de repos et/ou de lecture apprécié. 
                L’activité reprend vers 15h. Si le temps le permet, je vais travailler dans les 3 hectares de terrain qui entourent le monastère et constituent la « clôture » (l’espace de vie des Soeurs). Soeur Jean-Véronique est « responsable des espaces verts » et comme elle sait que j’aime débroussailler, tondre, tronçonner…, elle m’a donné du travail pour 6 mois…
                À 16h45, retour à la chapelle, pour l’office des Vêpres, suivi d’une heure d’oraison, close par l’Angélus.
                Il est temps d’aller « souper », comme on dit dans le Jura. C’est le moment, où la Soeur lectrice nous partage les nouvelles du monde qu’elle a recueillies généralement dans le journal « La Croix ». Après la vaisselle, nous avons une heure de récréation, le temps de la journée où nous nous parlons. Car la vie au Carmel est une vie de silence (sauf nécessité bien sûr), propice au recueillement de la Grâce de Dieu dans nos vies. Ce moment de récréation porte bien son nom, il est généralement très joyeux et fraternel. Il se termine par une prière à Saint Joseph et à la Vierge Marie avant de rejoindre la chapelle pour mon office préféré : l’office des Lectures et Complies, prévu à 20h30 mais je dois avouer que nous sommes rarement à l’heure… J’aime beaucoup l’ambiance de cet office. Il n’a rien de très différent des autres offices de la journée mais je le trouve apaisant avant la nuit. Il se termine par le très beau Salve Regina.
                C’est alors dans la paix et la joie que je regagne ma cellule (ma chambre en jargon monastique). J’ai tout juste le temps de rendre grâce au Seigneur pour la journée écoulée que le sommeil me prend.
« Merci Seigneur, Je te rends grâce pour toutes les grâces dont tu m’as comblée ce jour ! »

Anne, la regardante





Billet d’Anne n°3 - La session est finie



                J’allais à cette session avec des pieds de plomb (j’étais venue au Carmel pour vivre la vie du Carmel et non celle d’étudiante) mais au final, je rends grâce pour ces jours!

                La rencontre avec des Soeurs d’autres communautés fut et très riche et très vivante, on se serait cru dans la colonie de vacances de notre enfance ! « Si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » (Mt 18, 3). Pas de doute, le Royaume des cieux est proche pour nous, car, mon Dieu, ce que nous avons ri au cours des pauses et des repas pris en commun et en bavardant. 

                Soeur Marie-Sophie,  du Carmel de Plappeville (près de Metz) (à droite sur la photo) est passionnée par l’étude de la Bible et elle a à coeur de transmettre sa passion et son savoir. Elle le fait merveilleusement bien et nous a rendu familier (ou presque) le livre de Jérémie.



                Quelques leçons que nous a données Jérémie au cours de ces 3 jours :

  • Dans notre relation aux autres, Jérémie, seul prophète écrivain à livrer ainsi ses propres états d’âme, nous dit : « Ne réponds pas à la violence par la violence, ne te venge pas toi-même de tes ennemis mais confie ta colère à Dieu (Jr 18, 18-23). Cela t’aidera à retrouver la paix, cela t’évitera de commettre des paroles ou des gestes que tu regretteras. Fais confiance à Dieu, il appliquera sa propre justice qui sera plus ajustée que la tienne, car Lui est miséricordieux. » Malgré toutes les épreuves que Jérémie traversera, sa confiance en Dieu demeure.
  • « C’est la volonté de Dieu… » Qui sommes-nous pour connaître la volonté de Dieu ? Jérémie nous montre le chemin du discernement dans l’écoute de la Parole de Dieu. Face au prophète Hananya (Jr 28), Jérémie prend le temps de découvrir, dans une posture d’humilité, lequel des deux, Hananya ou lui, est vraiment porteur de la Parole de Dieu.
  • Enfin, pour nous chrétiens, ce livre de Jérémie, rapportant des oracles de Yahvé au moment de la chute de Jérusalem et de l’exil à Babylone (587 av. JC), est d’une extraordinaire modernité : il évoque un Dieu qui pardonne, un Dieu qui n’est pas seulement le Dieu d’Israël et de Juda mais le Dieu de toutes les nations, un Dieu qui ne se lasse pas de faire Alliance avec les hommes malgré leurs idolâtries et leurs perversions et surtout un Dieu qui souhaite faire Alliance non pas avec un peuple, mais avec chacun de nous : « Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur coeur. » (Jr 31, 33).



                Le prochain billet sera plus léger mais j’avais à coeur de partager avec vous ces quelques réflexions nées de notre rencontre avec le prophète Jérémie.



                Bien fraternellement,

                Anne, la regardante




Billet d’Anne n°2


         J’habite en région parisienne et je vais chaque lundi soir suivre un cours à l’Institut Catholique de Paris dans un parcours passionnant de théologie.
         Ici, à Saint-Maur, comme je l’ai dit précédemment, je suis venue vivre avec la communauté afin de découvrir ce qu’est la vie contemplative et cloîtrée… et non suivre des cours… Or, une Soeur du Carmel de Plappeville (près de Metz), Soeur Marie-Sophie, vient donner une session pour le noviciat - comprenez «l’équipe», dont je fais temporairement partie, composée de Soeur Minaire, professe temporaire, Soeur Maria-Clara, novice, Isabelle, postulante et la « chef d’équipe », Soeur Marie-Jovite, maîtresse des novices. Je vous expliquerai les termes une autre fois… quand j’en saurai un peu plus moi-même. Au noviciat va se joindre Soeur Anne-Marie, arrivée à Saint-Maur il y a quelques mois maintenant, ainsi qu’une Soeur du Carmel de Bruxelles, Soeur Theresa, originaire du Vietnam, professe, 1 professe temporaire du Carmel de Jonquières (près de Compiègne, le Carmel des carmélites martyres de la révolution française en 1794), Soeur Marie-Anne et 1 novice du Carmel de Marienthal (près de Strasbourg), Soeur Irène-Emmanuelle. Nous serons installées pour 3 jours à l’hôtellerie, comme les retraitants, et nous suivrons des cours  sur le livre de Jérémie toute la journée. Nous prendrons nos repas ensemble…en bavardant… La vie monastique telle qu’on l’imagine de l’extérieur ! Exactement ce pour quoi je suis ici…
Je découvre avec amusement le voeu d’obéissance…Le Carmel est décidément plein de surprises.


Bien fraternellement, à très bientôt
Anne, la regardante 



Le billet d’Anne (à ne pas confondre avec le bonnet d’âne ! )


            Ce petit billet n’a aucune visée savante (pas plus théologique qu’exégétique ni même spirituelle) sur la vie du Carmel. Il s’agit simplement de partager avec vous quelques impressions, anecdotes ou pensées. Tout cela avec un petit brin d’humour.
            Ce n’est pas que je sois la mieux placée pour parler du Carmel car pour l’instant, je n’en sais que peu de choses. En effet, je suis « regardante », c’est ainsi qu’est nommée toute femme qui éprouve un attrait pour la vie contemplative (selon le charisme de Sainte Thérèse d’Avila) et qui fait l’expérience de vivre pendant quelques jours ou quelques semaines avec une communauté de carmélites.

            Je ne suis là que depuis quelques jours mais qui furent riches d’expériences et de clins d’oeil du Seigneur :
            Je connais la communauté depuis bientôt 4 ans (oui, je sais, il faudrait que je me décide à entrer ou pas. Mais vous pensez vraiment que c’est une décision facile à prendre, vous ? ).
Bref, je connais donc la communauté depuis 4 ans et souvent, Sœur Martine, en charge de la liturgie, vient me demander, avant la messe dominicale, si j’accepte de faire une lecture. C’est toujours pour moi un grand honneur que de pouvoir lire à tous la Parole de Dieu et je n’entre jamais au chœur sans un petit pincement… au cœur… Alors imaginez ! Rentrer au chœur et m’asseoir dans les stalles (c’est comme cela que l’on appelle les chaises des Sœurs) au milieu de ces Sœurs que j’aime tant. Et me voilà pour mon premier soir au Carmel à la veillée de la fête de la petite Thérèse (le hasard du calendrier). Quelle émotion ! Je me suis bien promis de ne pas lire devant l’assemblée avant quelques semaines… Monumentale erreur : Sœur Marie-Sébastienne, chargée de répartir les lectures de la veillée, m’a prévue sur sa liste !!! Elle me le dit avec un si beau sourire, comment lui refuser ? Ça va, il n’y a pas beaucoup de fidèles dans l’assemblée. Et le lendemain matin, avant la messe, revoilà Sœur Marie-Sébastienne qui vient vers moi : « Tu veux bien lire la première lecture ? » Décidément ! Mais que dire ? N’est-ce pas « pour la plus grande gloire de Dieu »?

           
            Allez, j’arrête là pour un premier billet, je ne vais pas tout vous raconter d’un coup ! Mais vous aurez déjà compris qu’au Carmel, rien ne se passe comme vous vous y attendiez.
Bien fraternellement, bonne semaine
Anne, la regardante

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